Chelo Simon, l’art ou la vie

Invitée d’honneur du dernier salon d’art Palette, la Chantelouvaise Chelo Simon est une artiste touche-à-tout. Travaillant à partir de divers matériaux de récupération (carton, ferraille, toile de jute, tissus, fils, branches…), elle explore sa vie intérieure tout en questionnant notre rapport à la nature. Pour Infoloup, elle a bien voulu nous ouvrir les portes de son atelier. Interview.

Infoloup : Comment l’art s’est-il immiscé dans votre vie ?
Chelo Simon :
J’ai commencé à m’intéresser à l’art quand je vivais encore en Espagne. J’ai étudié la peinture aux Beaux-arts avant de suivre mon mari français dans les Yvelines. Nous nous sommes d’abord installés à Poissy avant de rejoindre la commune Chanteloup-les-Vignes, où mon conjoint a ouvert un cabinet de kiné. Pendant plusieurs années, je me suis éloignée de la pratique artistique et me suis consacrée à d’autres activités : alphabétisation pour les travailleurs immigrés, vendeuse, directrice de prêt à porter de luxe, commerciale… Ces différentes expériences m’ont beaucoup apporté mais il manquait toujours quelque chose ; j’éprouvais comme un sentiment d’inachevé… 

I. : N’était-ce pas la création artistique qui vous manquait à cette période ?
C.S. :
Étonnamment, pendant des années, j’ai cru que mon attrait pour l’art était perdu. J’ai eu des périodes où je peignais, mais cela restait occasionnel. Puis, dans les années 2000, j’ai fait la connaissance de l’artiste-plasticienne Dominique Bonnet-Moreau, qui m’a permis de venir travailler dans son atelier du Plessis-Trévise, avec d’autres élèves. Cette rencontre, comme celle de François Combes des années plus tard, a été déterminante pour la suite de mon parcours car elle m’a amenée à lâcher prise et à aborder de nouvelles techniques.

I. : C’est donc dans cet atelier que vous êtes passée à une production plus abstraite et sculpturale. Néanmoins, quel héritage conservez-vous de l’enseignement reçu aux Beaux-Arts ?
C.S. :
Concrètement, ce que j’ai conservé de plus traditionnel dans mon travail, c’est le format suspendu du tableau. Et là où je le dépasse, c’est par l’ajout de la troisième dimension avec des objets qui sortent du cadre. L’enseignement académique des Beaux-Arts permet tout de même de faire « ses gammes ». C’est un exercice nécessaire qui permet de maîtriser les règles pour mieux les contourner.

I. : Quelles sont vos matières de prédilection ? 
C.S. :
J’aime travailler le bois d’osier, la toile de jute, le tissu, la ficelle de lin et le tissage métallique. Ce sont les matières brutes qui m’attirent. Je suis admirative des travaux précieux, méticuleux, mais je ne souhaite pas m’en emparer.

I. : Quels sont les artistes qui vous inspirent ?
C.S. :
Pour trouver une filiation, je dirais que je suis un peu l’enfant de Sheila Hicks, grande dame des arts textiles, et d’Andy Goldsworthy, artiste land art*.

I. : Quel est votre processus créatif ?
C.S. :
Il y a chez moi deux façons de procéder. Soit une matière s’impose à moi et je commence à la travailler, soit une idée germe et je la mets en pratique. Je ne me pose jamais la question de savoir comment je vais arriver au résultat. Ma pratique est totalement empirique : l’œuvre se construit au fur et à mesure. Dans tous les cas il y a toujours dans ma démarche des éléments que je noue, tisse et lie ensemble.

I. : Qu’avez-vous envie de répondre aux contempteurs de l’art contemporain ?
C.S. :
Quand j’écoute de la musique il y a des choses qui me touchent, d’autres non. C’est pareil pour les arts visuels. Une œuvre doit vous questionner, vous émouvoir, que ce soit de façon positive ou négative. Il faut accepter qu’il y ait des choses qui nous dérangent. 

I. : Qu’appréciez-vous avec le Salon Palette ?
C.S. :
En tant qu’invitée d’honneur, je trouve que la possibilité d’exposer sur scène est une expérience unique. Le jeu des lumières a accentué le côté théâtral et la scénographie était saisissante, c’était extraordinaire. J’ai vu mes œuvres comme jamais ce ne fut le cas auparavant.

I. : Où pouvons-nous découvrir l’ensemble de votre œuvre ?
C.S. :
Sur le site chelosimon.tumblr.com

* Land art : mouvement artistique prenant racine dès la fin des années soixante qui utilise le cadre naturel comme matière et lieu de création.

 

 

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