Amina Satouri, l’engagement chevillé au corps

Chantelouvaise depuis plus de 30 ans, Amina Satouri est la Présidente-fondatrice de l’association FRAEC (Fraternité pour l’Egalité des Chances). Très engagée auprès des Chantelouvais(es) depuis le début de la crise sanitaire, elle a récemment développé de nouveaux partenariats (avec la Ville, l’association One ou les Restos du Cœur) pour agir au plus près du terrain. Itinéraire d’une militante résolument tournée vers l’humain.

Infoloup : Bonjour Amina. Pouvez-vous retracer rapidement votre parcours ?

Amina Satouri : Je suis née au Maroc en 1970 et j’ai grandi à Casablanca jusqu’à l’âge de 16 ans avant de rejoindre la France pour poursuivre mes études. Arrivée à Chanteloup-les-Vignes vers la fin des années 80, j’y ai construit ma vie. J’y ai vu grandir mes trois enfants, que j’ai dû en grande partie élever seule, grâce à l’aide de ma mère. Au début des années 90, j’ai commencé à m’investir dans la vie locale. J’ai donné du temps à des associations comme l’Asti ou Agir puis, dans les années 2000, j’ai participé à la création de l’amicale franco-marocaine des Yvelines. En parallèle, je me suis également lancé dans le commerce en ouvrant, avec une associée, le restaurant Schéhérazade, qui était situé place du Pas. Cette aventure a duré de 2008 à 2014 mais nous avons dû malheureusement y mettre fin car l’affaire n’était pas viable. C’est également à cette époque que j’ai découvert que j’étais atteinte d’un cancer, maladie contre laquelle je me bats encore aujourd’hui et qui a été, en quelques sortes, le catalyseur de mes engagements actuels.

Infoloup : Pouvez-vous nous en dire plus ?

A.S : Cette maladie a provoqué chez moi un véritable bouleversement qui m’a donné envie de revenir à la vie publique et associative. J’ai réalisé que chacun portait en soi le pouvoir d’agir pour le bien-être de tous et que cet engagement n’avait pas de prix. Dès le départ, mon ambition a été très claire : faire plus pour le local et agir différemment au profit des habitant(es). C’est dans cet esprit que j’ai créé l’association FRAEC en 2017. A travers cette structure, nos membres ont pu créer du lien entre les habitants, mais aussi entre les habitants et la Ville et, surtout, toucher des personnes qui n’étaient pas forcément connues des structures. Aujourd’hui, FRAEC compte plus de 120 adhérents. Pour moi, c’est une réussite collective et une source d'énergie inépuisable dans mon combat contre la maladie. 

Infoloup : Concrètement, que proposez-vous au sein de FRAEC ?

A.S : FRAEC oeuvre sur les champs de l’éducation, des loisirs et de l’alphabétisation. En termes d’actions, nous développons des programmes d’aide aux devoirs, des activités sportives (comme le poney ou le golf) mais aussi des actions d’alphabétisation. Nous organisons également un café des enfants chaque mercredi. Enfin, nous avons mis en place une boîte à idées depuis un an, qui est régulièrement alimentée par les habitants. 

Infoloup : Qu’est-ce qui caractérise Chanteloup-les-Vignes selon vous ?

A.S : Je pense que ce qui caractérise vraiment cette ville, c’est la solidarité et la participation active des habitants à la vie locale. L’ouverture et la concertation sont très importantes à Chanteloup-les-Vignes. La plupart des actions se développent avec et pas seulement pour les habitants. La communication, notamment entre les personnes, est primordiale sur notre territoire. La dimension affective compte plus que tout ici. Il faut donc sans cesse inventer de nouvelles façons d’entrer en relation avec l’habitant. Cela importe d’autant plus que les réseaux sociaux favorisent l’éclosion de rumeurs et de commentaires peu éclairés. En tant qu’acteurs locaux, notre responsabilité est d’agir mais aussi de construire une communication plus juste avec les Chantelouvais, notamment en diffusant la réalité de ce que l’on fait.

Infoloup : Depuis plus d’un mois, la France et le monde sont confrontés à la crise du Covid-19 ; qu’est-ce que cela a changé pour vous et votre association ?

A.S : Cette crise a transformé la relation que nous entretenons avec les enfants et les adhérents. Dès la première semaine de confinement, nous nous sommes réunis avec les bénévoles pour recenser les besoins des familles en matière de continuité pédagogique. Ces échanges nous ont permis d’identifier de nombreuses problématiques : difficultés de connexion, absence de matériel informatique (ordinateur, imprimante…), besoin d’activités pour occuper les enfants. Par ailleurs, nous avons effectué de nombreuses recherches sur internet pour trouver des sources nous permettant d’améliorer l’accompagnement pendant le confinement. Pendant tout ce temps, un lien privilégié a été maintenu avec la mairie afin de trouver des réponses conjointes. Ce travail d’équipe a très bien fonctionné ; je remercie d’ailleurs nos élus qui ont été très présents et très réactifs ! L’association Espoir s’est, elle aussi, fortement impliquée à nos côtés pour renforcer la chaîne de solidarité au bénéfice des familles. Le soutien actif d’Ilham Sabar (directrice de l’association) nous a notamment permis d’organiser plus facilement l’aide aux devoirs à distance. J’aimerais enfin féliciter les bénévoles de l’association One, qui s’est créée à Chanteloup-les-Vignes pendant la crise du Covid-19 et qui rassemble des jeunes de la commune. Grâce au partenariat que nous avons pu nouer avec eux juste avant les vacances de Pâques, nous avons pu mettre à disposition des familles du matériel informatique et accompagner ces dernières dans l’utilisation des espaces numériques de travail de l’Education nationale. Une opération forte (NDLR : intitulée « Ma classe à la maison ») qui se poursuit encore aujourd’hui…

Infoloup : Quelles sont les problématiques spécifiques auxquelles vous avez dû répondre depuis un mois et demi ?

A.S : Les difficultés habituellement rencontrées par de nombreuses familles chantelouvaises ont été exacerbées par le confinement : surpopulation dans certains logements, manque de matériel informatique, fracture numérique, problèmes de mobilité et d’accès à la santé, difficulté à rejoindre les grandes surfaces… Sur le sujet de l’éducation, qui reste notre cœur de mission, nous avons monté un groupe Whatsapp « Au bonheur d’apprendre » dès le début du confinement, en partenariat avec l’association Espoir. Actuellement suivi par sept familles avec enfants, ce groupe offre à ses membres des séances de coaching scolaire. Des entretiens individuels et des séances collectives sont ainsi organisés toutes les semaines. Les résultats et les retours sont excellents.

Infoloup : Un conseil à donner aux Chantelouvais ? 

A.S : Restez solidaires et confiants en l’avenir ! Nous devons travailler tous ensemble pour accompagner nos jeunes qui veulent réussir et qui ont des idées. En attendant, restez chez vous et respectez bien les consignes de confinement !

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